Pourquoi écrire ? Pourquoi se confronter à l’écriture ?

Pourquoi écrire ? Pourquoi se confronter à l’écriture ?

A la veille de la reprise des ateliers d’écriture parisiens, ce 19 septembre 2019, Sylviane G. m’a envoyé un texte, très intense : elle tente de répondre, en son nom propre, à une question fondamentale lorsqu’on a pris conscience que chacun de nos actes mérite de faire sens. Pourquoi écrire se demande-t-elle ? En écho, j’ai retrouvé un ancien texte, écrit alors que je commençais à développer les ateliers d’écriture en 2016. Pourquoi se confronter à l’écriture ? Chacun peut apporter à ces interrogations ses propres réponses…

Pourquoi écrire ? Le point de vue de Sylviane G.

« Pourquoi vouloir écrire alors que tout y fait obstacle. Mon dos, mes yeux. Et ces codes que je ne retrouve pas. Internet qui ne répond pas.

C’est A. qui m’a posé cette question. Une bonne question dont la réponse n’est pas simple. Il m’a demandé « Est-ce que ça t’apaise ? ». Non, pas vraiment. Alors j’ai répondu : « Parce que j’écris toujours dans ma tête ».

Ce n’est pas exactement ça mais comment dire autrement ? Oui, je me pense toujours en train d’écrire mais quand je suis censée passer à l’acte, la page reste blanche ou je fais autre chose.

Mais quand même pourquoi ?

Pour chercher et trouver les mots. Angoisse de les perdre. Je ne voudrais pas mourir sans mots.

Car, en fait je perds mes mots. Ecrire pourrait être une manière de les retenir, les maintenir en vie.

Ecrire pour capter des sensations, des vibrations, des états.

Ecrire pour exister, jamais pour raconter.

Ecrire pour tenter de saisir les multiples feuillets qui occupent mon cerveau ? Mon esprit ? Mon cœur ? Sonder la densité de ma mémoire ?

En sortir une à une les images marquantes, les images du temps, les différents paysages.

Ecrire parce que quand sensations, pensées, vibrations, images sont en mots sur le papier ou sur l’écran, la tête est soulagée.

Ecrire parce que je ne sais pas peindre.

Sylviane

Pourquoi se confronter à l’écriture ? Le point de vue d’Aliette Armel

  • Pour se découvrir soi-même : le mécanisme particulier de l’écriture révèle des parts de soi jusqu’alors cachées et inaccessibles
  • Pour libérer le plus intense des expériences, des émotions, des réflexions qui nous traversent à travers des fragments patiemment agencés ou des récits portés (ou non…) par des personnages
  • Pour transcender le Jadis (selon la formule de Pascal Quignard), pour comprendre le présent pour faire advenir le futur
  • Pour s’ouvrir au monde : à ce qu’il est, à ce qui l’a construit, à ceux qui y ont vécu et qui y vivent, à ce qui va venir
  • Pour entrer en contact avec les autres par le biais d’une oeuvre personnelle, qui n’existe que par soi
  • Pour faire entendre sa voix, pour porter sa propre vision du monde et sa manière d’y exister
  • Pour transmettre ce qui nous a constitué et porté, nous et notre environnement, proche et lointain
  • Pour éprouver le plaisir de créer, de construire en s’appropriant des outils qu’on apprend à connaître et dont on acquiert peu à peu la maîtrise.

« Tout ce qui a un sens suppose un revenir ; une maison de famille ; une mère dans la mémoire ; un jardin clos ; le mur d’un temple détruit par l’empereur Titus ; un secret, un trésor, un musée à l’abri des vieilles enceintes d’un vieux palais au cœur d’une vieille cité le long d’une vieille rivière ; un asile du Jadis ». Pascal Quignard, Sur le jadis, p. 72.

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