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Pourquoi se confronter à l’écriture ? (Réflexions du matin)

 

Pourquoi se confronter à l’écriture ?

  • Pour se découvrir soi-même : le mécanisme particulier de l’écriture révèle des parts de soi jusqu’alors cachées et inaccessibles (« L’ombre interne » évoquée par Marguerite Duras[1])
  • Pour libérer à travers la résonance des mots et des phrases, à travers la construction de récits portés par des personnages, le plus intense des expériences, des sensations, des émotions, des réflexions qui nous traversent
  • Pour transcender le Jadis (selon la formule de Pascal Quignard[2]), pour comprendre le présent, pour être dans une dynamique d’avenir
  • Pour s’ouvrir au monde : à ce qu’il est, à ce qui l’a construit, à ceux qui y ont vécu et qui y vivent, aux perspectives qui s’annoncent
  • Pour se doter d’un espace de création à travers des outils patiemment forgés
  • Pour entrer en contact avec les autres par le biais d’une œuvre personnelle
  • Pour faire entendre sa voix, porter sa propre vision du monde et sa manière d’y exister
  • Pour transmettre ce qui nous a constitué et porté, nous et notre environnement proche et lointain.
  • Pour éprouver le plaisir de créer, de mener à bien une entreprise entièrement personnelle, qui n’existe que par soi.
  • [1] Écrire est une occupation tragique plongeant au fond d'un inconnu de soi, dans cette zone indéfinissable que Marguerite Duras appelle « l'ombre interne » [forgée dans « la chambre noire de l’écrit »], nourrie par la mémoire et l'oubli, proche de l'inconscient mais aussi de cet état de folie à la limite de laquelle se tient l'auteur. » Aliette Armel, « Marguerite Duras », Encyclopaedia Universalis
    [2] « Tout ce qui a un sens suppose un revenir ;
    
    une maison de famille ;
    
    une mère dans la mémoire ;
    
    un jardin clos ;
    
    le mur d’un temple détruit par l’empereur Titus ;
    
    un secret, un trésor, un musée à l’abri des vieilles enceintes d’un vieux palais au cœur d’une vieille cité le long d’une vieille rivière ;
    
    un asile du Jadis ». Pascal Quignard, Sur le jadis, p. 72.

     

 

Témoignages sur la résidence de l’été 2016 à Plougrescant

En guise de remerciements, deux des participantes de l’atelier d’écriture de l’été 2016 à Plougrescant m’ont envoyé l’une (Maïté) cette photographie légendée, l’autre (Berthy) ce poème :

« Tout d’elle dans le caillou blanc 

Persiste sur son estran

Tranquille à basse marée

En pleine mer si balloté
Son pays bien attaché
Au labeur de ses poignées
Elle unit l’azur présent
Aux remous salés d’antan. »

(Berthy)

J’en ai été extrêmement touchée…

Le Magazine Littéraire parle de L’Ile des mots

feuilles1http://www.magazine-litteraire.com/agenda/ateliers-ecriture-font-leur-rentree-23-09-2015-136965

Le Magazine littéraire écrit :

Les ateliers d’écriture font aussi leur rentrée

Agenda – 23/09/2015 (122 mots)

L’association L’île des mots propose un atelier de création littéraire à destination de tous les publics.

Que l’on soit passionné, curieux, ou occasionnellement de passage, Aliette Armel – écrivain, critique et collaboratrice historique du Magazine Littéraire – anime ces rencontres dans un souci d’écoute et de professionnalisme. Les ateliers sont axés sur la pratique et l’échange collectif, les participants sont néanmoins traités chacun selon leurs attentes, dans le respect du rythme et de l’expérience des personnes.  

Prochains rendez-vous des ateliers d’écriture :

– 15 octobre de 18h30 à 21h30 (Paris, 13e).

– 17 octobre de 16h à 19h (Paris, 13e).  

Rens. : http://www.aliettearmel.fr/

Voir aussi la page Facebook

Tarifs : 30 euros par séance ou bien 100 euros les 5.  

L’île des mots au coeur de Paris… Relisons Henri Thomas

 

Les ateliers de L’ïle des mots ont lieu à Paris, dans le 13ème arrondissement, pendant l’automne, l’hiver et le printemps. L’été ils se « délocalisent » en Bretagne.

Pourquoi une île, pour l’écrit, la lecture, les mots à quelques stations de métro de la Tour Montparnasse ?

Pour retrouver, le temps de l’atelier, la présence et l’unité au coeur de « l’indéterminé », du « zigzaguant », du « passionnel » de la grande ville…

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Relisons Le Migrateur qu’Henri Thomas a écrit sur l’île d’Houat (au large de Quiberon)

« A la pointe de l’île, devant les trois îlots, je ressens plus que jamais la présence, l’unité, la splendeur déterminée de l’espace global. L’indéterminé, le zigzaguant, le cafouillant, l’abstrait et le passionnel ensemble – c’est la ville refermée autour de l’homme et de la femme et qui les provoque en limitant la vue et le mouvement. C’est pourquoi je ne hais pas la tour Maine-Montparnasse : elle m’élève, me rend l’espace sensible dans une certaine mesure. » (Le Migrateur, éditions Gallimard, 1983, p. 109°).

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J’ai eu la chance d’interviewer Henri Thomas à la fin des années 1980, alors qu’il avait abandonné l’ïle d’Houat, trop rude pour sa santé (il avait alors 77 ans). Pour lui, Lire et écrire, ce n’était pas seulement mieux vivre, c’était le tout de la vie. La littérature l’avait sauvée, à 15 ans . A 77 ans il affirmait toujours « Je ne suis que par la littérature. Je vis intégralement de ça. » Et il se rappelait ainsi de ses quinze ans : « J’étais complètement révolté. Je voulais l’absolu. C’est peu de choses n’est-ce pas ! Je pensais ne trouver l’absolu que dans les mots. J’ai eu la chance d’écrire à l’âge où Rimbaud écrivait et de le lire à l’âge où il avait écrit. Cela crée une osmose unique. Je le savais par coeur instantanément. J’étais dedans. Je n’éprouvais pas le besoin d’en parler. Rimbaud m’a sauvé, je peux le dire, physiquement et moralement, comme il a sauvé Claudel. « Le mystique à l’état sauvage ». Quand je lisais dans Rimbaud : « Oh, monde, et le chant clair des malheurs nouveaux ! », cela me mettait hors de moi. J’avais une édition rare de Rimbaud, celle établie par Claudel, et je l’avais annotée partout dans les marges et puis on me l’a prise au collège. J’ai tout perdu ».  (« Henri Thomas, le parcours d’un migrateur », grand entretien avec Aliette Armel, Magazine Littéraire, juillet-août 1989, n° 287-288).