Archives mensuelles : mai 2017

Pourquoi se confronter à l’écriture ? (Réflexions du matin)

 

Pourquoi se confronter à l’écriture ?

  • Pour se découvrir soi-même : le mécanisme particulier de l’écriture révèle des parts de soi jusqu’alors cachées et inaccessibles (« L’ombre interne » évoquée par Marguerite Duras[1])
  • Pour libérer à travers la résonance des mots et des phrases, à travers la construction de récits portés par des personnages, le plus intense des expériences, des sensations, des émotions, des réflexions qui nous traversent
  • Pour transcender le Jadis (selon la formule de Pascal Quignard[2]), pour comprendre le présent, pour être dans une dynamique d’avenir
  • Pour s’ouvrir au monde : à ce qu’il est, à ce qui l’a construit, à ceux qui y ont vécu et qui y vivent, aux perspectives qui s’annoncent
  • Pour se doter d’un espace de création à travers des outils patiemment forgés
  • Pour entrer en contact avec les autres par le biais d’une œuvre personnelle
  • Pour faire entendre sa voix, porter sa propre vision du monde et sa manière d’y exister
  • Pour transmettre ce qui nous a constitué et porté, nous et notre environnement proche et lointain.
  • Pour éprouver le plaisir de créer, de mener à bien une entreprise entièrement personnelle, qui n’existe que par soi.
  • [1] Écrire est une occupation tragique plongeant au fond d'un inconnu de soi, dans cette zone indéfinissable que Marguerite Duras appelle « l'ombre interne » [forgée dans « la chambre noire de l’écrit »], nourrie par la mémoire et l'oubli, proche de l'inconscient mais aussi de cet état de folie à la limite de laquelle se tient l'auteur. » Aliette Armel, « Marguerite Duras », Encyclopaedia Universalis
    [2] « Tout ce qui a un sens suppose un revenir ;
    
    une maison de famille ;
    
    une mère dans la mémoire ;
    
    un jardin clos ;
    
    le mur d’un temple détruit par l’empereur Titus ;
    
    un secret, un trésor, un musée à l’abri des vieilles enceintes d’un vieux palais au cœur d’une vieille cité le long d’une vieille rivière ;
    
    un asile du Jadis ». Pascal Quignard, Sur le jadis, p. 72.