Archives mensuelles : septembre 2015

Le Magazine Littéraire parle de L’Ile des mots

feuilles1http://www.magazine-litteraire.com/agenda/ateliers-ecriture-font-leur-rentree-23-09-2015-136965

Le Magazine littéraire écrit :

Les ateliers d’écriture font aussi leur rentrée

Agenda – 23/09/2015 (122 mots)

L’association L’île des mots propose un atelier de création littéraire à destination de tous les publics.

Que l’on soit passionné, curieux, ou occasionnellement de passage, Aliette Armel – écrivain, critique et collaboratrice historique du Magazine Littéraire – anime ces rencontres dans un souci d’écoute et de professionnalisme. Les ateliers sont axés sur la pratique et l’échange collectif, les participants sont néanmoins traités chacun selon leurs attentes, dans le respect du rythme et de l’expérience des personnes.  

Prochains rendez-vous des ateliers d’écriture :

– 15 octobre de 18h30 à 21h30 (Paris, 13e).

– 17 octobre de 16h à 19h (Paris, 13e).  

Rens. : http://www.aliettearmel.fr/

Voir aussi la page Facebook

Tarifs : 30 euros par séance ou bien 100 euros les 5.  

Une Antigone à Kandahar et… au Café Lire L’Inde

Pour sa rentrée le Café Lire l’Inde présentera, le 30 septembre à 18h30) un roman de la rentrée littéraire 2015, Une Antigone à Kandahar de Joydeep Roy-Bhattacharya (The Watch, traduit par Antoine Bargel)

Joydeep Antigone

« Le premier grand roman sur la guerre en Afghanistan. » (The Wall Street Journal)

En présence de Marie-Pierre Gracedieu, son éditrice chez Gallimard. Elle nous fera découvrir cet écrivain indien vivant aux Etats-Unis, qui revisite la mythologie grecque et interroge les valeurs occidentales.

« Sous nos yeux, la résistance d’une garnison américaine isolée est vaincue non par la force des armes, mais par la volonté d’une femme désarmée se raccrochant obstinément à son idée de ce qui est juste et bien. » (Selon le prix Nobel, J.M. Coetzee)

Joydeep Roy-BattacharyaJoydeep Roy-Bhattacharya est né en Inde, à Jamshedpur.

Il a étudié la politique et la philosophie à Calcutta (Presidency College), puis à l’Université de Pennsylvanie. En 1989-1990, il a beaucoup voyagé en Europe de l’Est et son premier roman, The Gabriel Club, est situé à Budapest. Il vit dans l’état de New York.

Il organise son œuvre en trilogie. La première, « le cycle de la paix », renouvelle l’approche du monde musulman, objet de trop grandes simplifications en Occident.

Une Antigone à Kandahar (The Watch) est le premier volume paru de la « trilogie de la guerre » (le conflit entre le monde musulman et le monde occidental).

Joydeep Roy-Bhattacharya y transpose l’Antigone de Sophocle dans le désert afghan, il s’y interroge sur le pouvoir de la mythologie, le problème de l’identité, les dommages collatéraux de la guerre, l’idéalisme et les valeurs occidentales

Le Café Lire L’Inde a lieu au restaurant Best of India, 170 rue du Faubourg Saint Denis, 10e, M° Gare du Nord, à 18h30.

L’île des mots au coeur de Paris… Relisons Henri Thomas

 

Les ateliers de L’ïle des mots ont lieu à Paris, dans le 13ème arrondissement, pendant l’automne, l’hiver et le printemps. L’été ils se « délocalisent » en Bretagne.

Pourquoi une île, pour l’écrit, la lecture, les mots à quelques stations de métro de la Tour Montparnasse ?

Pour retrouver, le temps de l’atelier, la présence et l’unité au coeur de « l’indéterminé », du « zigzaguant », du « passionnel » de la grande ville…

IMG_0612

Relisons Le Migrateur qu’Henri Thomas a écrit sur l’île d’Houat (au large de Quiberon)

« A la pointe de l’île, devant les trois îlots, je ressens plus que jamais la présence, l’unité, la splendeur déterminée de l’espace global. L’indéterminé, le zigzaguant, le cafouillant, l’abstrait et le passionnel ensemble – c’est la ville refermée autour de l’homme et de la femme et qui les provoque en limitant la vue et le mouvement. C’est pourquoi je ne hais pas la tour Maine-Montparnasse : elle m’élève, me rend l’espace sensible dans une certaine mesure. » (Le Migrateur, éditions Gallimard, 1983, p. 109°).

IMG_0611

J’ai eu la chance d’interviewer Henri Thomas à la fin des années 1980, alors qu’il avait abandonné l’ïle d’Houat, trop rude pour sa santé (il avait alors 77 ans). Pour lui, Lire et écrire, ce n’était pas seulement mieux vivre, c’était le tout de la vie. La littérature l’avait sauvée, à 15 ans . A 77 ans il affirmait toujours « Je ne suis que par la littérature. Je vis intégralement de ça. » Et il se rappelait ainsi de ses quinze ans : « J’étais complètement révolté. Je voulais l’absolu. C’est peu de choses n’est-ce pas ! Je pensais ne trouver l’absolu que dans les mots. J’ai eu la chance d’écrire à l’âge où Rimbaud écrivait et de le lire à l’âge où il avait écrit. Cela crée une osmose unique. Je le savais par coeur instantanément. J’étais dedans. Je n’éprouvais pas le besoin d’en parler. Rimbaud m’a sauvé, je peux le dire, physiquement et moralement, comme il a sauvé Claudel. « Le mystique à l’état sauvage ». Quand je lisais dans Rimbaud : « Oh, monde, et le chant clair des malheurs nouveaux ! », cela me mettait hors de moi. J’avais une édition rare de Rimbaud, celle établie par Claudel, et je l’avais annotée partout dans les marges et puis on me l’a prise au collège. J’ai tout perdu ».  (« Henri Thomas, le parcours d’un migrateur », grand entretien avec Aliette Armel, Magazine Littéraire, juillet-août 1989, n° 287-288).